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J’ai mis en terre mon père et ma mère,

Et je ne me suis pas senti orphelin.

La jeunesse a ce privilège :

Elle encaisse sans pleurer.

 

Toutes ces pertes, l’une après l’autre, banales,

C’était le prix à payer pour le bonheur, je m’y étais fait.

Alors pourquoi donc cette perte, si  ancienne,

Se fait soudain sentir, maintenant?

 

Je vois ma mère en rêve. Et le bruit lointain du vent

M’apporte le rire de mon père…

Est-ce à dire que c’est ma propre fin

Que je sens, proche et invisible?

 

Je ne veux pas y penser.

Et dans cette église que l’après-midi a vidée

J’allumerai un cierge jaune

A la mémoire de mon père et de ma mère,

 

Et mon âme, légère, s’élèvera,

Et l’été fera bruisser les feuillages,

Et le fleuve de ma mémoire

Me portera vers la lumière.
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